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Un métier à la Une
Devenir atomicien, une formation de haute technicité





Sous-marin nucléaire lanceur d'engins de retour de patrouille


Le métier

La propulsion nucléaire est le coeur de métier des atomiciens. L’atomicien peut être affecté à bord d’un sous-marin ou du porte-avions. C’est un technicien spécialiste de la mécanique et de l’électricité. Il participe à la conduite d’un réacteur nucléaire de propulsion navale et de son environnement machine-électricité. Il est également chargé d’assurer et d’encadrer la maintenance de ce réacteur nucléaire. Il doit savoir exploiter l’installation nucléaire à la mer comme à l’arrêt.


Le recrutement et la formation

Il existe plusieurs filières d’accès pour devenir atomicien :

- Les candidats dont le niveau d’études est compris entre la 3ème et le baccalauréat peuvent postuler pour devenir matelot Machine. Entre 2 et 6 années de service, s’ils sont sélectionnés, ils pourront suivre une formation pour devenir électrotechnicien ou mécaniciens navals et passer ainsi la qualification pour devenir atomicien après obtention du brevet supérieur.

- Les candidats dont le niveau d’études est compris entre le Bac (obtenu) et Bac+3 sont recrutés directement comme électrotechniciens ou mécaniciens navals et rejoignent l’Ecole de Maistrance.
Après une formation initiale à l’Ecole de Maistrance, les futurs officiers mariniers électrotechniciens ou mécaniciens navals rejoignent le Centre d’Instruction Naval de St-Mandrier pour leur formation métier. Après deux de service, ils peuvent tenter d’obtenir la qualification d’atomicien de propulsion navale*.


Rencontre avec Sébastien Messire, 30 ans, second maître, atomicien

« L’équipage d’un SNLE* est une deuxième famille »

Le monde des sous-marins était-il une vocation pour Sébastien ? Pas réellement, « plutôt un heureux concours de circonstances ». Après un baccalauréat scientifique, le jeune Niçois souhaitait exercer une profession à dominante technique, « pour allier théorie et pratique ». Son diplôme d’IUT en électrotechnique (Bac + 2) en poche, il frappe à la porte de la Marine. Un stage en cours d’études au Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) de Cadarache l’a décidé : il fera carrière dans l’univers du nucléaire. Cours sur les bancs de l’école de Maistrance, cours de spécialité à Saint-Mandrier, formation complémentaire à l’Ecole des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA). Pour Sébastien, devenir sous-marinier, c’est une question de volonté et de travail. Une question de caractère aussi : « je suis calme, posé et je supporte bien l’enfermement ». À l’issue de sa formation, il opte pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Destination la Bretagne. À terre, le Sudiste s’adapte d’emblée à la région brestoise. En mer, les patrouilles s’enchaînent à un rythme régulier. Affecté sur Le Téméraire, Sébastien y est électricien-atomicien. « Je suis au poste de conduite propulsion. À l’arrière du bâtiment. » À la différence des mécaniciens machines s’occupant de la vapeur, le tout frais trentenaire doit veiller à la surveillance des paramètres de la chaufferie nucléaire. Il est également en charge de la production et de la distribution de l’électricité à bord, « un métier prenant mais passionnant ». Sur la vie embarquée, Sébastien est intarissable.
La tenue vestimentaire « moins stricte qu’en surface ». La cuisine « si importante pour le moral des marins ». Les patrouilles de soixante-dix jours « avec forcément des hauts et des bas ». Les family, ces quelques lignes filtrées échangées avec la terre. Le sport en milieu confiné. Parmi toutes ces spécificités, la plus frappante pour Sébastien, c’est la vie en communauté. « Un équipage de sous-marin, c’est presque une deuxième famille ». Le doute n’est plus permis : « un heureux concours de circonstances » a bien forgé la vocation de Sébastien, l’atomicien, « épanoui et heureux » dans les forces sous-marines. « Fier » d’accomplir des missions de dissuasion, 20 000 lieues sous les mers.

*sous-marin nucléaire lanceur d’engins



La qualification d’atomicien de propulsion navale s’obtient au bout de deux ans. Après avoir obtenu le brevet supérieur (BS) au Centre d’Instruction Naval de St-Mandrier, les électrotechniciens et les mécaniciens navals rejoignent l’école des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA) à Cherbourg. Ils suivent ensuite un stage au centre de l’énergie atomique (CEA) de Cadarache (13).

La qualification d’atomicien de propulsion navale correspond à une qualification nucléaire supérieure (QNS), inscrite au répertoire national des certificats professionnels (RNCP). Elle est homologuée au niveau 2 (niveau licence). Cette expertise reconnue leur permet d’envisager une reconversion rapide dans le domaine civil au terme de leur contrat avec la Marine nationale.




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